Thierry Liégeois

Biographie

Thierry Liegeois poursuit dans ses recherches une reflexion sur le présent tel qu’il nous encombre et non tel qu’on le rêverait. Pas de grands récits dans son travail, pas non plus de rendez-vous calé avec l’Histoire, mais toujours une émancipation latente, loin du « réenchantement » qu’on nous sert à toutes les sauces. L’oeuvre est pour lui un travail, parce qu’elle malaxe nos représentations et nos certitudes bien sûr, mais aussi parce que la dimension physique que ce mot recouvre – l’implication du corps de l’artiste engage dans l’accomplissement de quelque chose – prend un sens très specifique lorsque l’on sait qu’il a lui-même travaillé quelques années comme tourneur-fraiseur dans une usine. Il cherche, comme il le dit lui-même, «à rester libre» : que ce soit dans les sujets abordés ou dans les matériaux convoqués dans ses œuvres, il s’applique à échapper aux classements, aux catégories confortables qui pourraient ranger son travail. Ses pièces, généralement construites sur des symboles et référents qui s’entrechoquent, adoptent une position critique – parfois avec humour – sur les différences de classe et sur les fractures sociales et esthétiques dans lesquelles nous vivons. Les lieux qu’il investit ont souvent plus à voir avec le genre populaire, ordinaire, où poussent les espaces de la contre et de la « sous-culture », plutôt que les salons feutres de la capitale et de la culture officielle.
Gaël Charbau
Thierry Liegeois est basé a Belfort.
Il est diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon en 2010.
Après avoir exposé son travail dans les Modules du Palais de Tokyo (Paris) en 2012 et participe au programme Galeries Nomades de l’Institut d’Art Contemporain (Villeurbanne) , Thierry Liegeois a été invité pour plusieurs expositions personnelles, dont Le syndrome Murray Futterman avec le collectif Or Nothing à Bruxelles (Belgique) en 2013, Glitch City au Unicorn Center For Art de Beijing (Chine) en 2016, Wet Hill à la Fondation Renaud lors de la Biennale de Lyon, ou Off Cells au 19, Crac, Montbéliard en 2017.
Il a participé à diverses expositions collectives, dont Machination(s), Galerie Eric Mouchet, Paris, Les Hommes de la Mancha.