Angélique Pichon et Coline Therville

 

Biographie

« Gît suis, gît reste »

Installation de Coline Therville et Angélique Pichon pour les Journées du Patrimoine de 2020 au Fort de la Justice.

Le point de départ du projet : une matière le liège et un lieu le fort de la justice.
Notre questionnement était : comment faire exister cette matière dans ce lieu ? Et comment cette matière peut souligner discrètement l’identité actuelle de ce lieu ?

La matière jaillit depuis un tas de déchets, de restes des activités du fort. Le liège coule de cette montagne repoussante et vient coloniser le terrain, le bâtiment.
Son passage souligne des points de vue, dévoile des cavités non-visibles, rend apaisant un renfoncement sombre et souligne son activité minérale et végétale, fait le lien entre différents paysages (boisé, brut, accidenté…).
Tout au long du parcours de la matière deux images apparaissent. Reprenant la thématique de la ligne et et de l’aplat elles viennent apporter un autre imaginaire, une autre dimension et une autre histoire au lieu.

Lorsque l’installation se termine une question se pose : quel va être l’impact du temps sur cette installation ?
Après avoir passé plusieurs jours à creuser, sculpter, coller, nous sommes conscientes que ce paysage dessiné sera éphémère. Les formes linéaires sont appelées à s’arrondir, être sectionné, étalé, éparpillé, déchiré… Les copeaux de liège vont permettre de garder une empreinte et témoigner de l’activité humaine, animal, végétale et météorologique. L’observation de ces traces déclenchera notre imaginaire et nous dévoilera d’autres informations, perspectives. Cette installation est appelée à évoluer à être observé et interprété sur le long terme jusqu’à sa destruction totale.
En prenant du recul cette installation est paradoxale, par l’intermédiaire de la régularité de la matière et sa disposition au sol nous avons harmonisé un certain chaos mais qui est voué à échouer à court terme.